En attendant le rendez-vous de Mexico fin 2010… Le Royaume du Danemark a accueilli le Sommet International des Nations Unies sur le Climat : « La Conférence de Copenhague » (COP15), du 7 au 18 décembre 2009, rassemblant les représentants des quelque 192 Etats ayant ratifié la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992.
Le changement climatique : une menace pour la planète
On s’attend à ce que la température moyenne sur Terre continue d’augmenter de 1,4 à 5,8°C d’ici à l’an 2100, ce qui constitue un rapide et profond changement. Les principales raisons de ce réchauffement sont un siècle et demi d’industrialisation.
Les activités humaines ont augmenté les quantités de Gaz à Effet de Serre (GES) dans l’atmosphère, en particulier le dioxyde de carbone. Ces gaz sont certes essentiels à la vie sur notre planète ; ils empêchent une partie de la chaleur solaire de retourner dans l’espace et, sans eux, la Terre serait un endroit froid et aride. Mais en quantités toujours croissantes, ces gaz sont en train de pousser la température globale à des sommets artificiellement élevés qui altèrent le climat. Ainsi, les années 1990 passent-elles pour avoir été les plus chaudes du dernier millénaire.
La tendance actuelle du réchauffement est prévue pour causer des extinctions d’espèces. De nombreuses espèces de plantes et d’animaux, déjà affaiblies par la pollution et la perte de leur habitat, sont appelées à disparaître dans un avenir proche. Les êtres humains, bien que n’étant pas menacés de cette manière, vont probablement faire face à des difficultés de plus en plus grandes comme le montrent par exemple la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes : tempêtes, inondations et sécheresses.
Des températures plus élevées causent par ailleurs l’expansion du volume des océans et la fonte des glaciers et des calottes glaciaires ajoute encore plus d’eau. Dans des horizons pas si lointains, la mer pourrait déborder dans des zones côtières fortement peuplées de pays tels que le Bangladesh, causant ainsi la disparition de nations entières (tel que l’Etat-île des Maldives), polluant l’eau fraîche de milliards de personnes et poussant à des migrations massives.
Dans la plupart des régions tropicales et subtropicales, les productions agricoles sont prévues de chuter, et dans les régions tempérées, aussi. Est également prévu un assèchement des zones intérieures continentales, telles que l’Asie centrale, l’Afrique sahélienne et les grandes plaines des Etats-Unis. Ces changements pourraient causer, au minimum, des perturbations dans l’usage des sols et les ressources alimentaires. Et la portée de maladies telles que le paludisme pourrait s’étendre.
« Le réchauffement global est un problème moderne compliqué, impliquant le monde entier, emmêlé à d’autres sujets difficiles tels que la pauvreté, le développement économique et la croissance de la population. Le traiter ne sera pas facile. L’ignorer sera pire. » (Source : unfccc.int )
Copenhague : la suite de Kyoto
Le Protocole de Kyoto est entré en vigueur en 2005. C’est un accord international lié à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), et ratifié à ce jour par 184 parties, à l’exception notable des Etats-Unis. La principale différence entre le Protocole et la Convention est que celle-ci encourage les pays industrialisés à stabiliser leurs émissions de GES, alors que le Protocole les engage à le faire. Il fixe en effet à 37 pays industrialisés et à la Communauté Européenne l’objectif d’une réduction moyenne de 5% des GES d’ici 2012 par rapport à leurs niveaux de 1990.
La période d’engagement du Protocole de Kyoto s’achevant en 2012, un nouveau cadre international devra être négocié et ratifié pour l’après-2012 ; c’est l’objet de la Conférence de Copenhague.
Que signifie COP15 ?
COP est l’abréviation de « Conference Of the Parties » (littéralement « conférence des parties »). La conférence des parties se réunit annuellement pour décider de la mise en oeuvre pratique de la CCNUCC. La première conférence des parties, nommée COP1, s’est tenue à Berlin en 1995. La troisième, COP3, organisée à Kyoto, restera célèbre pour son protocole. La quinzième, COP15, a eu lieu fin 2009 à Copenhague.
Quel niveau d’ambition mondial en 2050 ?
En se basant sur les évaluations scientifiques des experts du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), de nombreux pays et l’Union Européenne estiment que pour limiter les risques pour la planète, il ne faut pas aller au-delà d’une augmentation de température de l’ordre de 2°C, ce qui nécessite de stabiliser les émissions mondiales de GES par rapport à leur niveau de 1990 d’ici à 2020 au plus tard, avant de les réduire au moins de moitié d’ici à 2050.
La responsabilité des pays industrialisés
Les nations industrialisées sont historiquement les plus responsables du changement climatique de la planète et disposent des plus importantes ressources financières et technologiques pour y faire face. Elles doivent réduire leurs émissions, mais aussi aider les pays du Sud à réduire les leurs et à s’adapter aux impacts. Dans le cadre des négociations internationales sur le climat, les pays les plus riches doivent donc faire le premier pas, et s’engager à fournir une aide financière et technologique aux pays en développement.
Un engagement à l’échelle planétaire
Un scénario pour contenir l’augmentation moyenne des températures sous la barre de 2°C ne sera possible que si les gouvernements concluent un accord fondé sur quatre engagements majeurs :
1. Les pays industrialisés doivent adopter des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de GES d’ici à 2020 (par rapport aux niveaux de 1990). Ces objectifs devront être réalisés en grande partie sur leurs territoires nationaux.
2. Les pays industrialisés doivent apporter un soutien financier massif et régulier d’ici 2020 aux pays en développement pour les aider à :
construire un modèle énergétique durable et sobre en carbone,
s’adapter aux impacts des changements climatiques, mieux gérer les risques liés aux catastrophes naturelles, répondre aux crises humanitaires qui seront de plus en plus récurrentes, etc.
3. Inclure la lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts (responsable pour 20% des émissions mondiales de CO2), tout en intégrant la protection de la biodiversité et garantissant les droits des peuples autochtones qui y vivent.
4. Les pays en développement doivent s’engager à leur tour à limiter la croissance de leurs propres émissions de GES d’ici à 2020.
Prochain rendez-vous : COP16 à Mexico
La conférence de Copenhague s’est achevée par un accord politique dénommé "Accord de Copenhague" visant à contenir l’augmentation des températures en deçà de 2°C, réduire les émissions de GES et aider massivement les pays en voie de développement. L’enjeu majeur pour 2010 sera de transformer l’Accord de Copenhague en un accord contraignant avec notamment des objectifs chiffrés et mesurables de réduction des émissions de GES par pays.
La prochaine conférence annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques aura lieu vers la fin de 2010 à Mexico, précédée par une importante session de deux semaines de négociations à Bonn, en Allemagne, prévue du 31 mai à 11 juin.
Plus d’informations :
Voir le journal vidéo sur la Conférence de Copenhague - site : Le Développement durable.tv
Voir le site du gouvernement dédié à la Conférence de Copenhague
Voir le site officiel la Conférence de Copenhague - COP15
Voir le site de la campagne mondiale de l’ONU sur le changement climatique